Que retenir de la COP26 ?

Que retenir de la COP26 ?

Un bilan mitigé mais le verre n'est pas totalement vide… Certains pays comme la Chine et l'Inde ont actualisé leurs contributions.

Ce qui fait qu'au total, si toutes les contributions étaient réalisées en 2030, les émissions mondiales dépasseraient d’un peu plus de 10 % leur niveau de 2010. Problème : il faudrait les réduire de 45 % pour limiter le réchauffement global à 1,5 °C.

Deux dossiers épineux abordés :
- les financements internationaux auxquels se sont engagés les pays développés à hauteur de 100 milliards € par an (où il manquait 20 milliards €) pourraient être atteints en 2022 ;
- les mécanismes de marché prévus à l’article 6 de l’accord de Paris (un système d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre entre des pays gros émetteurs et d’autres moins émetteurs) ont été mis en place et prendront un peu de temps à se concrétiser sur le terrain, les règles adoptées étant assez compliquées.

Deux avancées qui comptent :
- la réduction des émissions de méthane d’au moins 30 % d’ici 2030, grâce à une initiative jointe États-Unis/Union européenne qui réunit plus de 100 pays ;
- la réduction des énergies fossiles pour la première fois évoquée dans le communiqué final (timidement et pour le seul charbon utilisé dans les centrales électriques).

L'agriculture est en revanche la grande oubliée de cette COP26 alors qu'il y a urgence à accroître la résilience des systèmes agricoles en développant l’agro-écologie.

La bonne surprise de la quinzaine a été le communiqué commun des États-Unis et de la Chine promettant notamment une accélération de l’action dès 2022 en ce qui concerne les réductions de méthane et le retrait des énergies fossiles. Cette reprise du dialogue entre les deux premières puissances mondiales pourrait avoir un effet d'entraînement sur le reste du monde.

Il faut se rappeler que les COP ne font qu'apporter un cadre et donner des impulsions. Mais c’est entre les COP que se décide l’action climatique.
Cette dernière sera portée jusqu'à la COP27 de Charm el Cheikh par deux moteurs :
- la triple baisse des coûts des énergies renouvelables, du stockage de l’électricité et de la gestion intelligente des réseaux ;
- la mobilisation de la jeune génération présente à Glasgow pour dénoncer le "bla-bla" des vétérans de la COP et qui continuera à exercer une pression croissante.

 

Source : The Conversation, Christian de Perthuis – 13/11/21