Fibres naturelles ou synthétiques ? La quête du pull-over parfait peut parfois sembler bien compliquée.
Se protéger au mieux du froid est un levier efficace pour réduire sa consommation d’énergie mais problème : le secteur du textile est l’un des plus polluants au monde (émissions de gaz à effet de serre et contribution aux microplastiques marins).
Qu’est ce qui fait qu’un textile tient chaud ? Cela dépend moins de la fibre utilisée que de l’air qu’elle parvient à enfermer. En restant immobile dans de minuscules espaces au cœur du tissu, cet air limite les échanges de chaleur, un peu comme dans une couette ou un double vitrage. En bref, plus un tissu est épais, duveteux ou poreux, plus il limite les échanges de chaleur.
La chaleur d’un vêtement dépend autant de sa construction que de sa matière.
Les fibres frisées ou ondulées (comme la laine de mouton) créent des poches où l’air reste piégé. D’autres fibres comme l’alpaga (un camélidé des Andes proche du lama) ou le duvet synthétique sont partiellement creuses et augmentent encore la capacité isolante. De la même manière, les tricots et mailles, plus lâches, isolent mieux que les tissages serrés.
Fibres frisées, creuses ou texturées, les matières synthétiques (polyester, acrylique, polaire) imitent en partie la laine par leur structure volumineuse et leur capacité à emprisonner de l’air. Ces textiles offrent donc une bonne isolation thermique. Ils sont légers et sèchent rapidement, ce qui les rend très populaires pour le sport en extérieur. En revanche, ils peuvent favoriser la transpiration et la sensation d’humidité lors d’efforts prolongés et, contrairement aux fibres naturelles, ils sont inflammables. Leur coût environnemental est élevé : issues du pétrole, non biodégradables, fortement consommateurs d’énergie, libérant à chaque lavage des microfibres plastiques dans l’eau.
Selon les estimations, entre 16 % et 35 % des microplastiques marins proviennent de ces textiles (de 200 000 à 500 000 tonnes par an).
Les fibres naturelles apparaissent donc comme des alternatives intéressantes, à commencer par la laine de mouton, longtemps considérée comme une référence en matière d’isolation thermique.
La laine de mouton mérinos se distingue par la finesse de ses fibres, ce qui réduit fortement les sensations d’irritation au contact de la peau et améliore le confort.
L’alpaga suscite également un intérêt croissant en raison de propriétés thermiques comparables, voire supérieures, associées à un meilleur confort.
L’un et l’autre connaissent un usage croissant dans les sous-couches, les vêtements techniques et hauts de gamme, pour le sport comme pour le quotidien.
Renouvelable et biodégradable, la laine n’est pas exempte pour autant d’impact environnemental : émissions de gaz à effet de serre (principalement via le méthane produit par les moutons et la gestion des pâturages).
Selon les estimations, la production de 1 kg de laine brute émet entre 15 et 35 kg de CO₂ et nécessite environ 10 000 litres d’eau.
L’élevage de l’alpaga présente des avantages à cet égard : animaux plus légers, consommation alimentaire plus faible, émissions de méthane réduites et dégradation limitée des sols comparativement à l’élevage ovin.
Au final, les matières textiles les plus chaudes et les moins polluantes sont majoritairement naturelles, mais aucune n’est totalement exempte d’impact. La laine mérinos et l’alpaga offrent aujourd’hui un compromis intéressant entre chaleur, confort et fin de vie environnementale.
Par ailleurs en textile comme ailleurs, le meilleur choix reste souvent celui que l’on garde longtemps.
Source : The Conversation, Coralie Thieulin - 21/01/26
