Inceste : comment sortir du silence et se reconstruire ?

Inceste : comment sortir du silence et se reconstruire ?

Un Français sur dix dit avoir été victime d'inceste, selon un sondage Ipsos de novembre 2020.

23 % des sondés disent connaître dans leur entourage une ou plusieurs personnes victimes d'inceste. 78 % des victimes sont des femmes.
La loi du silence et les non-dits prévalent souvent au sein de la famille et de la société.
Résultats : victimes brisées, en perte totale de repères, pouvant être amenées à des conduites autodestructrices ou devenir elles-mêmes agresseur par identification. Les conséquences peuvent être psychosomatiques : troubles anxieux ou addictifs, troubles du sommeil, risques de troubles gastro-intestinaux, musculaires et articulaires, neurologiques, gynécologiques, cardiovasculaires, nutritionnels et métaboliques.

Beaucoup de victimes doivent surmonter une amnésie traumatique avant de prendre conscience de ce qu'elles ont subi. Elles peuvent ressentir de la culpabilité et avoir à affronter la réprobation de leur famille lorsqu'elles dévoilent les faits.
Le travail de résilience passe par une libération de la parole et la reconnaissance du statut de victime. En plus de la psychothérapie, l'appui de personnes ayant traversé les mêmes épreuves peut être d'une grande aide. Certaines disciplines peuvent permettre de renouer avec les sensations : sophrologie, yoga, art-thérapie…

Victime ou témoin, ne pas hésiter à composer les numéros d'urgence : Allô enfance en danger (119), France Victimes (116 006), Enfance et partage (0 800 05 1234).

 

Source : Santé Magazine, Manon Durand – 11/01/21