Hormone du stress : réguler l’excès de cortisol

Hormone du stress : réguler l’excès de cortisol

Il joue un rôle important dans l’organisme mais son excès, en cas de stress chronique, peut avoir des effets délétères. Le cortisol peut être régulé en prenant les bonnes mesures dans notre mode de vie…

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Sommaire

- Régule le métabolisme
- Hormone du stress
- Le “bon” et le “mauvais” stress
- Les symptômes du stress chronique
- Alimentation et exercice physique
- Savoir bien respirer
- Prendre soin de soi
- Redevenir acteur de notre bien-être

On l’appelle “hormone du stress” et il a mauvaise réputation. Le cortisol joue pourtant un rôle important dans notre organisme et a probablement participé à la survie de notre espèce dans les périodes reculées. C’est son excès qui peut être délétère en cas de stress chronique.
“Essentielle à notre équilibre, cette hormone devient problématique lorsque le stress s'installe et que son cycle naturel se dérègle”*, affirme Mélanie Duféey, naturopathe.

Régule le métabolisme
Le cortisol est une hormone stéroïdienne produite par les glandes surrénales.
Il fait partie des éléments qui permettent de réguler le métabolisme : il stimule la production de glucose, il mobilise les acides gras et les protéines comme sources d'énergie, il aide à maintenir une glycémie normale. 
Il a des effets anti-inflammatoires et pondère les éventuels “excès de zèle” du système immunitaire.
Il intervient dans le rythme circadien et la lumière du jour influe sur sa production. Dans le cycle veille-sommeil, il augmente la vigilance, en interaction avec d’autres hormones (insuline, adrénaline). 
(Voir : Chronobiologie : savoir écouter ses rythmes biologiques)

Hormone du stress
En cas de stress, il fait partie des hormones qui mettent l’organisme en condition de réagir : combattre, fuir, faire le mort ou inhiber l’action.
“Il nous a littéralement sauvé la vie des milliards de fois dans l'histoire de l'humanité, car c'est lui qui nous pousse à fuir quand notre vie est en jeu !”*, précise Mélanie Duféey.

Avec le concours de l'adrénaline et de la noradrénaline, il provoque une augmentation du rythme cardiaque (pour fuir plus vite), une libération de glucose (pour donner plus d'énergie), une circulation périphérique amoindrie (pour éviter de perdre trop de sang en cas de blessure), une dilatation des pupilles (réaction animale censée faire peur à l’ennemi), une libération de plaquettes et de prothrombine dans le sang (pour coaguler plus rapidement si blessure).

Le “bon” et le “mauvais” stress
Notre cerveau ne fait par la différence entre le “bon” stress (se marier, faire une surprise à un ami, accueillir un enfant…) et le “mauvais” stress (travail, charge mentale, dispute, harcèlement, peur de l'avenir par anticipation…).
On considère que le corps réagit au stress en trois phases : à court terme, une phase d’alarme, à moyen terme une phase de résistance, à long terme une phase d’épuisement.
C’est dans la troisième phase qu’apparaissent les effets physiologiques délétères : dépression, faiblesse du système immunitaire, fatigue chronique, problèmes de concentration, hypotension, hypersensibilité nerveuse. Le burn-out peut être une des manifestations de cette phase (voir : Sortir du burn-out).

Les symptômes du stress chronique
Ils peuvent apparaître en cours ou en fin de phase 2 et se maintenir pendant toute la phase 3. Comment repérer les symptômes du stress chronique ?
Ils sont variables selon les personnes et peuvent nécessiter un diagnostic médical : fatigue chronique, anxiété, angoisse, troubles du sommeil, troubles de la mémoire, troubles digestifs, troubles de l'appétit, troubles cutanés, troubles gynécologiques et sexuels, contractures musculaires, chute du système immunitaire…

Alimentation et exercice physique
Heureusement il existe des outils naturels pour sortir du cercle vicieux provoqué par l’excès de cortisol.
Le premier consiste à corriger son alimentation (voir encadré).

L’exercice physique, pratiqué de manière raisonnée, est bien-sûr bénéfique pour réguler l’excès de cortisol.
"Notre société valorise le cardio et la musculation. Cependant, deux autres facultés sont importantes pour lutter contre le vieillissement de notre organisme tout en contribuant à une détente bienvenue pour lutter contre le stress : la souplesse et l'équilibre. C'est ce que permet de travailler, entre autres, le yoga."*

Savoir bien respirer
L’intérêt du yoga réside également dans le fait que c’est une pratique qui apprend à remettre en place la respiration, en favorisant le niveau abdominal.
Pour apaiser l’organisme, il est très important de réapprendre à respirer de manière lente, profonde, régulière.
"Les gens respirant mal sont souvent ceux concernés par du stress chronique, de l'anxiété ou des angoisses. Une mauvaise régulation du système nerveux et des émotions jouent sur la qualité de notre respiration."*
(Voir : Ne pas oublier de respirer)

Prendre soin de soi
Nos modes vies, dans leur ensemble, méritent souvent d’être réexaminés : prend-on suffisamment soin de nous ? 
Les sources de stress sont nombreuses dans les relations avec les autres, au travail ou dans la vie familiale et amicale. Fera-t-on le choix de partir et se désengager d’une situation problématique, de la changer ou de l’accepter pleinement ?
(Voir : Communication non violente : passer du réactionnel au relationnel)
Si besoin, il ne faut pas hésiter à demander l’aide d’un professionnel : psy, sophrologue… Et pourquoi pas passer par le corps pour apaiser l’esprit : ostéopathie, massage, hammam ou sauna ?

Redevenir acteur de notre bien-être
"Sortir du cercle vicieux du stress chronique n'est pas une lutte, mais un retour à soi. C'est un processus d'écoute, de réajustement et d'amour envers ce corps qui cherche avant tout à nous protéger"*, conclut Mélanie Duféey qui nous invite à cultiver la conscience, la douceur et la cohérence dans notre quotidien, pour redevenir acteur de notre bien-être.


*Cortisol, l’hormone du stress, Mélanie Duféey, éditions Hachette

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Quelques conseils alimentaires anti-stress

Mélanie Duféey conseille de boire de l’eau suffisamment tout au long de la journée (entre 1 et 2,5 litres par jour selon la température, le poids, l’activité physique et les habitudes alimentaires), d’éviter les sucres rapides et les aliments ultratransformés, la caféine et l’alcool. 
Elle privilégie les sucres lents non raffinés, les protéines (animales ou végétales) en quantité suffisante et les acides gras oméga-3 (petits poissons gras, huiles de chanvre et de noix, graines de chanvre, de chia, de lin, noix de Grenoble…). 
Elle vante les bienfaits des "superaliments" adaptogènes et anti-inflammatoires : maca, gelée royale, ginseng, rhodiole, ashwagandha… 

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