Bisphénol A : comment éviter les "substitutions regrettables" ?

Bisphénol A : comment éviter les "substitutions regrettables" ?

Certains substituts partagent les mêmes propriétés dangereuses que la substance remplacée.

C'est ce qu'on appelle des "substitutions regrettables".
Le cas s'est produit pour le bisphénol A (BPA), reconnu comme perturbateur endocrinien qui a fait l'objet de plusieurs interdictions en France. Il a été remplacé par d'autres bisphénols (BPS et BPB) qui peuvent eux aussi entraîner des troubles de la reproduction via une perturbation endocrinienne, comme l'ont déjà montré des travaux chez l’animal.

Le BPA est utilisé notamment comme retardateur de feu dans les matières plastiques ou les textiles. Il est présent dans le PVC et de nombreux objets du quotidien, des lunettes de soleil aux CD en passant par les amalgames dentaires. C'est un produit polyvalent difficile à remplacer. Les composés de substitution doivent donc différer selon qu’ils sont utilisés dans des polycarbonates, des résines époxy ou des papiers thermiques, par exemple. L'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) avait identifié 73 substituts possibles, en fonction de l’utilisation souhaitée.
Les autorités sanitaires envisagent donc maintenant d’appréhender ces substances en tant que famille, en identifiant les degrés et éléments de similarité structurelle nécessaires pour partager les mêmes propriétés toxiques.

 

Source : The Conversation, Cécile Michel – 03/05/21