Peut-on nourrir la planète même en décroissance ? Des chercheurs allemands ont la réponse

Peut-on nourrir la planète même en décroissance ? Des chercheurs allemands ont la réponse

La production de nourriture représente un élément clé pour limiter le réchauffement climatique.

Un tiers des émissions de gaz à effet de serre sont en effet imputables à l'agriculture et à l'élevage.
Une étude allemande a examiné différents scénarios de décroissance avec trois objectifs :
- une redistribution équitable entre riches et pauvres à l'échelle nationale et internationale ;
- une distribution efficace des ressources pour maximiser le bien-être des populations ;
- le maintien d'une économie dans les limites de ce que la planète peut absorber en termes de pollution.

Conclusion : la solution ne réside pas dans la décroissance qui n'apporterait que des changements mineurs. En revanche un nouveau type de croissance comportant des paramètres comme un changement dans la consommation de nourriture et des gains d'efficacité incités par les prix, engendrerait une réduction des gaz à effet de serre et permettrait d'atteindre la neutralité carbone du système alimentaire à l'horizon 2100.

Concrètement, les chercheurs préconisent :
- plus de production et de consommation végétales (plus de fruits, de légumes et de protéines végétales) ;
- moins d'élevage d'animaux ;
- une utilisation plus intelligente des engrais ;
- une orientation vers des variétés de cultures plus productives et résistantes ;
- une meilleure éducation sur l'alimentation ;
- des repas plus durables dans les écoles ou les cafétérias ;
- une adaptation des publicités et de l'argent distribué par les subventions.

Ce modèle ne pourra pas empêcher une légère augmentation du prix des denrées alimentaires qui devra être contrebalancée par la mise en place de régimes fiscaux intelligents, comme par exemple une compensation sociale pour la tarification du CO2.

 

Source : Sciences et Avenir, Coralie Lemke – 18/05/22